Le CRTC déçoit encore une fois les consommateurs en permettant à Bell d'acheter CTV

Tout d'abord, Shaw a acheté Global ; hier, Bell a acheté CTV.

Après avoir obtenu l'autorisation du CRTC, Bell a acheté lundi le plus grand empire médiatique du Canada pour 1,3 milliard de dollars. Comme condition d'achat, le CRTC exige que Bell dépense 245 millions de dollars au cours des sept prochaines années pour :

  • permettre la distribution d'au moins 43 services de télévision supplémentaires, y compris des stations traditionnelles locales et régionales et des stations communautaires indépendantes (60 millions de dollars)
  • commander des émissions d'intérêt national produites de façon indépendante (séries dramatiques et comiques, documentaires et émissions qui font la promotion de la culture canadienne) (100 millions de dollars)
  • améliorer la programmation de nouvelles locales à Winnipeg, Regina, Saskatoon, Edmonton, Calgary et Vancouver (28,8 millions de dollars)
  • maintenir les stations A-Channel pendant au moins trois ans, à compter du 1er septembre 2011 (30 millions de dollars)
  • améliorer l'accessibilité du système canadien de radiodiffusion grâce à un fonds indépendant de 5,7 millions de dollars
  • soutenir le développement des talents canadiens de la musique et de la création parlée (17,5 millions de dollars), et
  • créer un fonds indépendant pour aider à payer les frais des groupes d'intérêt public qui participent aux instances du CRTC en matière de radiodiffusion (3 millions de dollars).

Nous sommes heureux que BCE ait répondu à nos questions concernant la contribution de cette transaction à la vitalité du système de radiodiffusion canadien, a déclaré le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, dans un communiqué de presse. BCE assurera la stabilité du réseau de télévision CTV. Il investira également 245 millions de dollars dans le système canadien de radiodiffusion, dont plus de 140 millions de dollars seront affectés à la nouvelle programmation canadienne de télévision et de radio.



Comme on pouvait s'y attendre, Bell était également satisfait de la décision.

L'approbation rapide par le CRTC de la transaction CTV signifie que Bell est sur la bonne voie pour conclure notre acquisition au début du deuxième trimestre, plus tôt que prévu initialement, a déclaré le président et chef de la direction de Bell Canada et de BCE, George Cope, dans un communiqué distinct. Nous sommes impatients d'accueillir l'équipe de CTV chez Bell et d'accélérer la livraison du meilleur contenu numérique aux Canadiens sur les écrans de leur choix grâce aux réseaux de fibres à large bande et mobiles de classe mondiale de Bell.

C'est dommage d'en arriver là. Bien que ce soit formidable de voir que quelqu'un,n'importe quiinvestit dans du nouveau contenu canadien ces jours-ci (et sans frais pour le contribuable, remarquez), il est désolant que le CRTC permette à cette affreuse tendance à la convergence de se poursuivre. C'est comme si nous faisions un pas en avant et deux pas en arrière dans ce pays.

Lorsque des entreprises comme Bell contrôlent non seulement la distribution de contenu, mais la génération de contenu elle-même, c'est dangereux pour les consommateurs canadiens. C'est dangereux parce que nous devenons soumis aux caprices de Bell et à leurs intérêts conflictuels. Regardez tout le fiasco de la facturation basée sur l'utilisation ; il s'agissait presque certainement d'un effort des principales sociétés de télécommunications qui possèdent la distribution et le contenu pour protéger leur contenu en limitant notre capacité à trouver du contenu en dehors de ce qu'ils proposaient.

Considérez ceci : Rogers possède une chaîne de vidéothèques ; Shaw est propriétaire de Global Television; maintenant, Bell est propriétaire de CTV, et tous les trois, plus Telus, offrent un service de vidéo sur demande via la télévision par câble qui vous oblige à payer pour regarder des films. Le bras de contenu est une part importante du résultat net de ces sociétés. Ainsi, lorsqu'une entreprise comme Netflix arrive et propose du contenu en dehors de ce que ces entreprises ont, bien sûr, ils feront tout ce qu'ils peuvent pour les exclure. Entrez UBB, et tout à coup Netflix n'est pas une si bonne alternative pour les consommateurs, et nous revenons à l'alimentation du creux que les télécos nous fournissent.

Et pour ce que ça vaut, l'exigence du CRTC de 245 millions de dollars de dépenses sur sept ans ne représente pas une montagne de haricots pour Bell; rien qu'en 2009, ils ont réalisé un peu moins de 2 milliards de dollars de bénéfices. En supposant que les bénéfices nets de Bell n'ont pas augmenté du tout depuis lors (peu probable), cela signifie que leur rentabilité ne baisse que de 2 % pour chacune de ces sept années. Quel sacrifice.

C'est de plus en plus clair : le CRTC von Finckenstein ne sert pas du tout les intérêts des consommateurs. Ce n'est qu'un panneau de tampons en caoutchouc qui répond aux besoins des grandes entreprises au Canada. La convergence n'est qu'un autre mot pour le contrôle de nos jours, et avec le CRTC à leurs côtés, il ne faudra pas longtemps avant que les grandes entreprises de télécommunications aient une convergence sur l'ensemble du paysage médiatique canadien.

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